Regard porté sur « Stoker » de Park Chan Wook avec Mia Wasikowska, Matthew Goode, Nicole Kidman… Sortie Cinéma le 1er Mai 2013

oeil dessin  -

 Stoker  pouvait s’annoncer comme une combinaison intrigante aux multiples ingrédients : une production Scott Free (les frères Scott : Ridley et feu Tony), un réalisateur sud-coréen avec une réputation de virtuose barré (Old Boy/ Thirst), une histoire à la Hitchcock et cerise sur le gâteau, Nicole Kidman en guest !

Pour être honnête la bande annonce m’avait déjà refroidit mais le film avait ses partisans dans  la blogosphère via twitter ! « On n’est pas responsable de ce qu’on devient » dit la voix off de l’héroïne, India, passablement  perturbée par la mort accidentelle( ?) de son père. A l’enterrement de ce dernier, un jeune oncle  inconnu, ambigu, séduisant fait son apparition et va créer le trouble dans l’esprit de la veuve et de sa fille !

Mia Wasikowska  est plutôt convaincante dans le rôle de cette jeune fille renfermée, pierre angulaire de ce triangle familial, perturbée par essence et un poil névrotique (scène des œufs dur sur la table). Elle  va peu à peu osciller entre la crainte défensive, la fascination, l’aveuglement et  la lucidité meurtrière ?! Avec cette psychologie assez torturée, ce caractère de jeune fille coincée fait penser à une cousine de Vendredi de la Famille Adams jouée par Cristina Ricci et à une version plus torturée d’une héroïne à la Burton (teint diaphane/ chevelure brune) !

Le film a une facture moderne avec des accents à la Cronenberg (atmosphère barrée) au niveau formel, même si certaines scènes sont théâtrales. Les qualités objectives du film sont issues d’une réelle maitrise de l’image (jeu subtil  de lumières, fondu enchainé assez bluffant entre cheveux et hautes herbes  par exemple, effets sonores volontairement surboostés pour créer un malaise…) et d’une vrai patte de réalisateur !

Mais l’entreprise apparait assez vaine et tourne à l'exercice de style froid et chic. Matthew Goode n’est pas si inquiétant que ça et surtout  l’intrigue qu’on devine ne peut pas être estampillée hitchcockienne tant c’est convenu, prévisible et vu dans nombres de tv films.

La mécanique de la folie sous-jacente des protagonistes se grippe assez vite et l’ensemble réussi au niveau esthétique sonne un peu creux au niveau du ressenti  du spectateur.   Pour couronner le tout Nicole Kidman est transparente avec un rôle pas très étoffé et pas du tout au centre de l’histoire.