The GrandMaster de Wong Kar-Wai avec Tony Leung, Zang Ziyi ,Quingxiang Wang, Songe Hye-Kyo… Sortie Cinéma le 17 Avril 2013

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Comment connaitre l’histoire du Kung Fu de ses courants (Xing Yi / Ba Ga …) à travers le parcours d’un homme qui a réellement existé, Ip Man et qui va croiser une des filles d’un grand maitre, Gong Er (détentrice du savoir des 64 mains/ coups) !

Soyons clairs pour les non érudits en matière de Kung-Fu et les profanes des arts martiaux, ce film peut paraitre initiatique sur la philosophie de Vie (« Quand la décision est prise, mille montagnes ne sont pas un obstacle ») ou un « rebutoire » épidermique (du fait des combats qui ne sont pas si présents que ça sur les 2 heures de film) ! La deuxième catégorie fera peu d’adeptes car le film est visuellement extra-ordinaire  et dépasse la production classique des films lambda sur le sujet ! Wong Kar-Wai est un maitre de l’image et de l’esthétisme poussés à un degré tel qu’il devient un art en lui-même ! Surtout n’arrivez pas en retard, la scène d’ouverture est un modèle du genre !

La chorégraphie sous une pluie battante d’un bataillon de faire valoir face à l’énigmatique maitre du kung-fu au panama, Ip Man, bien enfoncé sur sa tête est hypnotique ! Votre rétine ne pourra pas se détacher de l’écran, abreuvée qu’elle sera par cette scène de combats de 10 minutes avec une pluie incessante accentuant la dimension guerrière avec une couleur bleue /métal dominante !

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Les ralentis succèdent aux gros plans à un rythme sur vitaminé et fluide à la fois, l’alliance de la musique et de l’image stylisée captive l’auditoire ! Si tout le film était de cet acabit « le Masterpiece » serait total et continu !

La suite de l’Histoire teintée de succession, de transmission, de conflits, d’épreuves et de code d’honneur au-delà des sentiments reste très au-dessus en termes de qualité esthétique mais n’a pas naturellement le même rythme ! Le déroulé historique de la Vie d’Ip Man est plus académique avec l’invasion des japonais, la guerre civile… « Si la vie a 4 saisons, j’ai connu le printemps jusqu’à 40 ans, après ce fut l’hiver » dit la voix off  Ses drames personnels sont traités au niveau de la narration avec une langueur qui peut se transformer en longueur !

Le film est aussi une histoire d’amour contrariée avec le personnage de l’héritière qui va sacrifiée sa vie de femme en voulant sauvegarder les enseignements prodigués par son père sur le Kung-Fu. « Il y a 4 tabous dans les arts martiaux : le moine, le prêtre, la femme et l’enfant » Si elle veut rester la représentante de son père en tant que maitre du kung-fu et dépositaire de ses enseignements, elle devra renoncer au mariage et à devenir mère, sacrifices dictés par la croyance et les règles !

Les 20 dernières minutes se focalisent sur l’aveu de cette histoire d’amour impossible entre Ip Man et Gong er, sur cette torture sourde des sentiments à peine dévoilés. Une longue et maitrisée scène d’anthologie, de finesse, de subtilité et « de poésie esthétique »où le cœur et l’âme vont être mis à nu et  prendre la place des combats savamment chorégraphiés !

Wong Kar Wai est un maitre de l’action et des sentiments. D’ailleurs il pourrait faire penser à un « Sergio Leone asiatique » tant les gros plans sont présents pour mieux explorer les failles des personnages ou magnifier leur noblesse dans les scènes de combat ! De plus lors d’un plan, la musique d’Ennio Morricone utilisée dans « Il était une fois en Amérique » est  plus qu’inspiratrice des violons de la musique additionnelle !

The GrandMaster est une fresque stylisée sur le Kung-Fu, portée par notamment un duo d’acteurs hors pair :Tony Leung empreint de bonhommie et de charisme et Zang Ziyi ,à la fois émouvante et guerrière ! (Mention spéciale à  l’actrice Songe Hye-Kyo, beauté naturelle éclatante qui joue la femme d’Ip Man )

 Le film n’évite pas certains écueils ou longueurs mais ne serait-ce que pour les 2 scènes d’anthologie tellement différentes que Wong Kar Wai nous offre, allez-y et faites le voyage vers l’Asie, le Kung-Fu et l’Amour !

« Le monde est en mouvement mais les arts martiaux changent avec lui »

« Le kung-Fu n’appartient à personne, c’est une quête universelle elle tient en 2 mots : Horizontal/Vertical »